Restaurant Clémentine

L'Ambassade des Vignerons et des Grands Produits du Terroir

La Bourgogne

Longue région vinicole qui s’étend d’Auxerre au nord jusqu’au sud de Macon, la Bourgogne se caractérise par un vignoble extrêmement morcelé. Le climat est de type continental et les sols extrêmement varie donnent des vins très differenciés malgre un encépagement bipolaire: Le Pinot noir pour les vins rouges et le Chardonnay pour les vins blancs.

Le pinot a été le premier des deux a se dégager: ce noirien donnant le « vinvermeil » est mentionné pour la premiere fois en 1375. C’est un cépage assez instable, qu’on retrouve sous la forme du pinot gris et du pinot blanc. Cependant l’actuelle séléction clonale porte exclusivement sur des variétés de pinot fin. Le pinot noir présente des petites grappes en forme de pomme de pin, ce qui lui aurait valu son nom. Ces grains, légerement ovoides, serrés, sont recouverts d’une peau épaisse, de couleur noire bleutée, et donne un jus incolore. Il est délicat et redoute les excés de rendement, vite fatals à la qualité de sa production. Il donne des vins de teinte légère.

Le chardonnay, aurait peut-être vu le jour aux environs du petit village du Mâconnais du même nom. Il montre des grappes petites et cylindriques, moins compactes que celle du pinot. Ses grains sont sphériques, de couleur dorée, et tachetés à maturité. Il est sensible au millerandage et aux maladies. Contrairement au pinot, le chardonnay se révèle d’une grande plasticité: il s’accommode des situations les plus variées mais n’en conserve pas moins sa terre de prédilection en Bourgogne.Jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, le vin de Bourgogne était surtout le « vin vermeil ». Si les cépages noirs dominaient couramment dans sa confection, ils etaient fréquemment accompagnés de raisins blancs, cultivés de manière disséminée dans les parcelles de rouge. A la naissance du vin rouge moderne, la séparation des couleurs s’est faite plus nette: le chardonnay s’est retrouvé progressivement planté a part en pièces homogènes.

Pinot et chardonnay avaient désormais des destins séparés. En dehors de ces deux cépages primordiaux, le pinot et le chardonnay, la Bourgogne maintient quelques plans secondaires :

L’aligoté est le plus important d’entre eux. Ses grappes ont des grains plus gros que ceux du chardonnay. Il craint les gelées et les parasites, mais donne de bons rendements.
Le gamay noir à jus blanc se rencontre également dans toute la Bourgogne et aurait peut-être vu le jour dans le petit village de Gamay, hameau de Saint-Aubin. Il sert d’appoint au pinot dans le Bourgogne Passetoutgrains; peut constituer exclusivement le Bourgogne grand ordinaire et se retrouve également a la base du Mâcon rouge.
Le sauvignon n’est cultivé qu’à Saint-Bris-le-Vineux.
Enfin, il reste des cépages qui n’existent plus ou quasiment plus: le pinot blanc vrai, le pinot gris, le césar, le sacy (encore quelques rares plants dans l’Yonne), le melon de Bourgogne et le tressot.
Les Grandes Régions de la Bourgogne

Le Chablisien
La Côte de Nuits
La Côte de Beaune
La Côte Chalonnaise
Le Maconnais
Le Beaujolais
Le vignoble de Chablis s’étire le long de la vallée du Serein sur 19 communes.
Jusqu’en 1919, il était dans les usages du commerce d’appeler “ Chablis  » un vin blanc sec et léger, récolté dans la région de Chablis; c’était le nom général donné à ce genre de vin spécial (voir dictionnaire Larousse). Cette coutume était, du reste, séculaire, car dans 1’Histoire de l’Abbaye de Pontigny, il est dit “ qu’à Maligny on produit d’excellent vin blanc, qui se vend ordinairement comme vin de Chablis; ce village n’étant éloigné de cette ville que d’une lieue et demie « .
L’appelation Chablis est délimitée par les zones géologiques de l’ère secondaire, étage « portlandien » et surtout « kimméridgien » qui servit de base à la délimitation des appellations.
Le « kimméridgien » est un étage géologique du Jurassique, composé de calcaire marneux contenant une très grande quantité de fossiles marins dont le principal est « l’ostrea virgula », ou petite huître en forme de virgule.
Ces terrains émergent très régulièrement à flanc de coteau, dans un secteur longeant le Serein sur 20 km et sur une largeur d’environ 15 km, intéressant 19 communes.
L’I.N.A.O. (Institut National des Appellations d’Origine) a distingué dans ce territoire 4 Appellations d’Origine Contrôlées différentes :

« Petit Chablis » récolté, en général, sur les plateaux (1000 hectares, rendement 50 hl par hectare).
« Chablis » sur les coteaux exposés au nord et à l’est et sur les plateaux (2500 hectares, rendement limite 50 hl par hectare).
« Chablis Premier Cru » sur les coteaux exposés au sud et à l’ouest (715 hectares). lls sont répartis en 79 climats dont 25 sont à retenir.
Les principaux sont : « Mont de Milieu », « Montée de Tonnerre », « Fourchaume », « Vaillons », « Montmains », « Vaucoupin », « Côte de Lèchet », « Butteaux » etc…, rendement 50 hl par hectare.
« Chablis Grand Cru » récolté exclusivement à Chablis et à Fye (100 hectares), sur les côtes en rive droite du Serein, face à l’agglomération.
Sept climats partagent cette appellation : « Blanchot », « Les Clos », « Valmur », « Grenouille », « Preuse », « Vaudésir » et « Bougros ». Ils constituent qualitativement le sommet de la pyramide (rendement limite 45 hl par hectare).

A partir de Dijon commence la  » Grande Côte  » avec la Côte de Nuits et la Côte de Beaune. La première est renommée pour ses rouges puissants et de longue garde. La seconde produit des vins rouges élégants et racés ainsi que d’inégalables blancs.

la Côte de Nuits:
En effet, outre les Bourgognes, plutôt rouges que blancs, généralement produits dans la plaine et les appellations qui portent le nom des villages qui les soutendent, la Côte de Nuits offre une gamme étonnante de premiers crus magnifiques, et surtout de grands crus aux noms enchanteurs. Un seul en partie blanc en partie rouge, le Musigny, tous les autres en rouge.

Marsannay, qui fut longtemps la « capitale » du rosé de Bourgogne est devenue aujourd’hui une appellation de Côte de Nuits, à part entière.
Fixin, produit des vins rouges charpentés et tannique de grande garde. Les premiers crus sont réputés
Gevrey, le village dont l’image « colle » au Chambertin, est celui qui produit l’appellation communale la plus importante en volume. Les vins sont puissants mais élégants, souvent longs à se réveler, mais tellement beaux, quand, bien vinifiés, ils « arrivent » enfin.
Morey-Saint-Denis, possède 5 grands crus, qui ont la particularité d’avoir un nom spécifique qui est aussi une appellation contrôlée.
Chambolle-Musigny, commune de petite surface, mais de grande renommée, ne produit plus des vins aussi charpentés que ses « soeurs » plus au nord. On serait plutôt ici, dans la dentelle. Outre ses grands crus, Chambolles-Musigny décline une gamme magifique de premiers crus dont le plus célèbre s’appelle « Les Amoureuses ».
Vougeot… c’est d’abord et avant tout son Clos fameux fondé au XXIe siècle, dont le château sert de chef d’Ordre à la confrérie des Chevaliers du Tastevins. Mais ce serait dommage, même s’il est célèbre, par son histoire, ses 70 à 80 propriétaires différents, et bien sûr la qualité des vins, de réduire Vougeot à ces seuls 50 hectares. Sur les 30 qui restent, profitent de très beaux premiers crus rouges comme le Clos de la Perrière, ou blanc (le Clos blanc de Vougeot).
Flagey-Echezeaux, au bord du mur du Clos de Vougeot, n’a pas d’appellation qui porte ce nom. Les grands crus s’appellent Echezeaux ou Grands-Echezeaux, les appellations communales portent l’étiquette Vosne-Romanée. Solides, très structurés, de garde, ils ont le « type » bourguignon idéal.
Vosne-Romanée, berceau d’une multitude de grands crus sur son vignoble, propose des appellations communales et des premiers crus qui fleurent bon leurs « grands frères », avec des senteurs de champignons et sous-bois, des notes parfois animale, voire « viscérale » très reconnaissables.
Nuits-Saint-Georges n’a pas de grands crus mais « tire » pourtant la réputation de la côte à laquelle on a donné le nom et une antériorité de presque un millénaire pour un vignoble qui s’étend au nord et au sud de la ville, jusqu’à Premeaux dont une partie du vignoble (et notamment de très beaux premiers crus) a droit à l’appellation.
Côte de Nuits-Villages. Enfin, derniers « bastions » nuitons avant la Côte de Beaune, les villages de Premeaux-Prissey, de Comblanchien et de Corgoloin n’ont pas d’appellation propre, mais proposent (comme une partie de Fixin et Brochon, au sud de Dijon), une appellation « Côte de Nuits-Villages » au coeur de laquelle on trouve de fantastiques rapports qualité-prix. Parce que la qualité est au « Top » et que les prix savent encore être tirés.
Les Grands crus
La Côte de Nuits n’a pas de rival en Bourgogne quant au nombre de grands crus, summum de ce qui se fait en matière de réputation de qualité.

Il y en a 9 exclusivement rouges sur Gevrey-Chambertin : Chambertin (30 ha), Chambertin Clos-de-Bèze (15 ha), Latricières-Chambertin (7 ha), Charmes-Chambertin ou Mazoyères-Chambertin (30 ha), Griotte-Chambertin (2 ha), Ruchottes-Chambertin (3 ha), Chapelle-Chambertin (5 ha), Mazis-Chambertin (9 ha).
Sur Morey-Saint-Denis, les grands crus sont 5, tous en rouge : Bonnes-mares (2 ha, les 13 autres étant sur Chambolle-Musigny), Clos-Saint-Denis (6 Ha), Clos-de-la Roche (16 ha), Clos de Tart (7 ha), et Clos des Lambrays (8 ha).
Sur Chambolle-Musigny : Musigny (10 ha en rouge surtout, mais une partie en blanc) et Bonnes-Mares (13 ha).
Sur Vougeot, 50 ha de Clos-de-Vougeot
Sur Vosne-Romanée : Romanée-Conti (1 ha 81), Richebourg (8 ha), la Romanée (0,85 ha), La Tâche (6 ha), Romanée-Saint-Vivant (9 ha), ainsi que Grands-Echezeaux (9 ha), et Echezeaux (36 ha).
La Côte de Beaune:

Un vignoble de grands blancs encadré par de grands rouges, la Côte de Beaune descend de Corton jusqu’aux Maranges en passant par le Montrachet.

15 villages en Côte d’Or et quatre en Saône-et-Loire composent la Côte de Beaune qui prend au nord le relais de la Côte de Nuits de part et d’autre de Beaune la « Capitale » historique du Bourgogne qui lui donne son nom.
Si du côté des appellations villages (quand elles portent le nom de leur commune) des premiers crus et grands crus tout est simple, ce n’est pas toujours facile de bien cerner les autres appellations, entre le Côte-de-Beaune-Villages, leVillage-Côte de Beaune, le Côte-de-Beaune et le Beaune.

Au nord de Beaune

Ladoix-Serrigny, la plus au nord de la Côte de Beaune est une commune privilégiée. Au pied est de la colline de de Corton, elle produit des AOC Ladoix et ses premiers crus vins d’une grande souplesse en rouge et d’une belle finesse en blancs mais aussi des vins d’appellation Corton (rouge) et d’appellation Corton-Charlemagne (blanc) particulièrement délicats et typés.
Pernard-Vergelesses, de l’autre côté de la colline de Corton fait dans la dentelle. Son Ile de Vergelesses est l’un des plus beaux premiers crus.
Aloxe-Corton perché à mi-colline est la perle du nord de cette Côte de Beaune, avec ses Aloxe-Corton et premiers crus particulièrement charpentés aux senteurs qui « renardent » et ses grands crus l’un blanc, l’autre rouge qui se décline en fonction des climats, tout à fait exceptionnels et racés.
Savigny-les-Beaune plus à l’ouest dans la combe de Fontaine Froide fait dit vins qu’on dit « nourrissants, théologiques et morbifuges ». S’il n’y a pas de grand cru à Savigny-les-Beaune, 17 climats sont classés en premier cru.
Chorey les Beaune dans la plaine n’a pas de premier cru, mais de beaux vins rouges (peu de blancs) élégants et souples.
Beaune. La Capitale du Bourgogne possède de très beaux vins qui sont assez peu connus. Sans la vente des vins des Hospices de Beaune, ils seraient même inconnus. Pourtant la variés de vins, à dominante rouge, sur le finage de Beaune est assez étonnante. Souples et léger côté Savigny, ils sont puissants et tanniques côté Pommard. Les premiers crus sont des raretés.
Au sud de Beaune:

Pommard qui jouxte Beaune par le sud est sans doute la plus médiatique des appellations de Bourgogne. Très concentrés, particulièrement longs en bouche, les vins d’appellation Pommard village sont en quasi unanimité rouges. Tout comme les premiers crus, qu’ils soient Rugiens Grands Epenots ou Clos de la Commaraine.
Volnay est une sorte « d’opposé » de Pommard qui lui est pourtant limitrophe. Ses vins, dans la gamme desquelles on compte 35 premiers crus dont Les Champans, le Clos des Chène ou les Caillerets, sont d’une grande finesse, d’une délicatesse sans égal et peu corsés.
Monthelie au nord de Volnay et à l’ouest de Meursault fait mieux que vivre à la frontière des grands rouges et des grands blancs. Le vignoble donne des vins pleins de charme et typés avec des nuances d’arômes plaisantes.
Auxey-Duresses, dans la combe à l’ouest jouxte Meursault et donne quelques blancs aux arômes de pomme golden, et des rouges aux senteurs animales.
Saint-Romain, au pied des falaises est un sanctuaire à blanc. Très sec avec des senteurs de fleurs blanches et d’agrumes. Et une terre à rouges aux arômes de griotte.
Meursault. Même si, en entrant par Volnay, on « tombe » sur les rares Meursault rouges qu’on appelle Volnay-Santenots, et même si, en partant vers Puligny on quitte la commune sur les rares Meursaults rouges nommés « Blagny », Meursault est sans conteste la capitale des vins blancs de Bourgogne. Toutes zones confondues. Les villages sont élégants, fins, de belle origine. Les premiers crus dont les plus connus sont Les Genevrières, Les Charmes, Les Perrières, les Gouttes d’Or etc… sont secs et moelleux, fin et gras, onctueux et longs en bouche. En tout cas à garder.
Puligny-Montrachet renoue avec les grands crus disparus depuis Corton. Des blancs archidominants sont intenses, avec des arômes d’amande et de miel affirmés. La commune partage avec Chassagne les grands crus de ce secteur.
Chassagne-Montrachet. Si le nord du vignoble est celui des grands blancs, au sud du village ce sont les rouges, superbes, très marqués et élégants qui dominent.
Saint-Aubin est le prolongement ouest de Puligny et de Chassagne. Si les rouges sont plus présents, ce sont les blancs qui s’y expriment le mieux. Notamment en premiers crus particulièrement arômatiques.
Santenay enfin, ferme la Côte d’Or viticole mais partage avec Remigny, en Saône-et-Loire un vignoble qui compte une douzaine de premiers crus bien charpentés, et aux senteurs de violette et de confiture de fraise.
« Maranges » est l’appellation regroupée depuis 1989 des vins produits sur les communes de Cheilly… Dezize et Sampigny-les-Maranges, au bord de la Cozanne. Les rouges sont dominants. les premiers crus font des vins typés, souples et frais.

Hospices de Beaune: La plus célèbre vente de charité du monde

C’est en 1443 alors que le pays subit de plein fouet les effets de la guerre de Cent Ans que Nicolas Rolin, chancelier du Duc de Bourgogne, signe la charte de fondation au coeur de Beaune, d’un hopital destiné « non seulement aux malades, mais aussi aux pôvres et aux nécessiteux ». L’Hôtel-Dieu était né.

Au fil des siècles il s’impose par son esprit de charité. Grâce aux dons de généreux bienfaiteurs, le domaine viticole est magnifique. Sur Beaune, bien sûr, mais aussi sur de nombreuses communes voisines. Jusqu’à la Révolution, où l’Hotel-Dieu devient Hospice d’Humanité, les vins sont vendus à l’amiable. Après 1794, et avec l’apparition des négociants, la vente se fait par soumission. La première vente aux enchères se fit en 1859 dans la cuverie des Hospices.

En 1924, elle fut définitivement fixée au troisième dimanche de novembre…

A Chagny commence la Côte Chalonnaise où l’on produit des vins rouges et blancs de haut lignage.

La Côte Chalonnaise s’étend sur 25 kms de long, entre Chagny aux portes de la Côte d’Or et Saint-Gengoux-le-National, et se situe dans le prolongement naturel des grands terroirs de la Côte de Beaune.

Dans cet environnement géologique privilégié, la Côte Chalonnaise propose une gamme très diversifiée, et particulièrement harmonieuse d’appellations régionales « Bourgogne », Bourgogne, Bourgogne Passetoutgrains, Bourgogne Aligoté, Bourgogne grand ordinaire, ponctués depuis l’an passé par 5 « ilots » réputées puisqu’à Rully, Mercurey, Givry et Montagny, est venu s’ajouter l’an dernier Bouzeron passé du statut de Bourgogne labelisé à celui d’appellation village.

La Côte Chalonnaise bénéficie de l’appellation régionale « Bourgogne », pour les vins rouges, blancs et rosés. Mais estimant qu’il était nécessaire (devant la grande diversité géographique des appellations Bourgogne) que les consommateurs puissent identifier clairement la provenance de celles de leur secteur, les vignerons ont obtenu que les vins retenus par une commission d’agrément pour leur typicité puissent porter en complément du nom Bourgogne, la mention « Côte Chalonnaise » devenue un label.

44 communes, 11 dans le canton de Chagny, 12 dans le canton de Givry, 18 dans le canton de Buxy et 3 dans le canton de Mont-Saint-Vincent, peuvent présenter à cette commission des vins issus de leurs vignobles.

Aujourd’hui, les vins « Bourgogne-Côte Chalonnaise », entrent sur les marchés avec l’un des plus beaux rapports qualité-prix que l’on puisse trouver. Parce que le prix est des plus raisonnables (mais aussi parce que la qualité n’a plus rien à envier aux Bourgognes produits dans les finages de Côte d’Or). Les rouges, nés du pinot noir sont d’une grande souplesse de tanins et d’une belle finesse.

La Côte Chalonnaise est la terre de 5 appellations villages de très belle origine:

Dans cette côte Chalonnaise, véritable colonne vertébrale des vignes de la Saône-et-Loire du nord, 5 ilots de vignobles sont classés en appellations « villages » avec pour certains des premiers crus. Eclusivement blanc au nord avec l’aligoté de Bouzeron, et exclusivement blanc au sud avec le chardonnay de Montagny, le vignoble est « panaché » entre les deux. Pour le plus grand plaisir des amateurs de diversité.

Bouzeron, tout au nord de l’aire de production, c’est le dernier né des « villages » de Côte Chalonnaise, Mais cela ne doit rien au hasard. Bouzeron produit en effet un vin issu du cépage aligoté, l’un des plus beaux et le plus fin de Bourgogne. Autorisé jusque là à s’appeler « Bourgogne Aligoté de Bouzeron » il est arrivé dans la cour des grands l’an passé. Et ce n’est que justice. A noter que c’est la seule appellation «village» au monde de cépage aligoté.
Rully au sud de Bouzeron est l’appellation village que portent les vignobles des communes de Rully (en majorité) et Chagny et de ses terroirs (En Bourgogne on les nomme des « climats ») qui peuvent prétendre à être classés en premier cru. Le cépage pinot donne ici des vins rouges d’une couleur rubis pourpre élégante, aux arômes tout en finesse, ou dominent souvent le lilas et la framboise. Rully est aussi le plus important berceau de Saône-et-Loire du Crémant de Bourgogne, vin mousseux d’appellation d’origine contrôlée élaboré dans des conditions de production très strictes, particulièrement draconiennes et surveillés.
Givry c’est 200 hectares de vignoble en production, dont la quasi totalité est plantée en pinot, le cépage des vins rouges, tandis que le chardonnay, qui fait les vins blancs, y est nettement minoritaire, même si son aptitude à vieillir donne souvent de très agréables surprises. 3 communes, Givry, Dracy-le-Fort et Jambles peuvent prétendre produire du Givry ou des premiers crus de Givry. Givry propose des vins rouges fins, particulièrement souples, rarement très taniques, mais vifs et généreux. Dans les grandes années, il peut se garder 10 à 20 ans et prend alors des senteurs étonnantes et évoluées de fruits cuits et de pruneaux.
Mercurey. Cette appellation communale, s’étend sur 550 hectares des villages de Mercurey et Saint-Martin-sous-Montaigu et produit des vins remarquables et remarqués, qui furent longtemps recherchés pour faire des… Chambertin. Si la référence est prestigieuse, les vignerons de Mercurey valent mieux que de faire des « succédanés » de grands crus, fussent-ils prestigieux. Ils le savent et s’y emploient. Aujourd’hui l’appellation offre une variété de « villages » magnifiques, et une gamme de premiers crus à faire… rougir d’envie de grandes appellations plus au nord. En rouges, le pinot donne des vins structurés, très équilibrés, avec une grande longueur en bouche. Des vins à laisser vieillir quelques années En blancs, le chardonnay donne aux cuvées, des arômes intenses de miel et d’acacia, avec en bouche, des senteurs secondaires d’exception.
Montagny. Quatre communes du canton de Buxy portent les 200 hectares de vignobles de Montagny, et produisent les vins blancs issus du cépage chardonnay.
Montagny-les-Buxy qui a donné son nom au vin est à l’ouest, et « regarde » Buxy au nord. Saint-Vallerin est au sud et Jully-les Buxy à l’est. Ces 4 communes limitrophes les unes des autres servent d’écrin à ce vin très clair et doré, aux reflets verts. Car le vignoble de Montagny, qui comporte des climats classés en premier cru, offre en fonction de l’inclinaison des terroirs, une palette enchanteresse et particulièrement… colorée de vins blancs étonnament parfumés, d’où émanent des senteurs nuancées de fougère, et de noisettes, et des arômes aux notes minérales et aux saveurs épicées.
Le Montagny, c’est un véritable bouquet de parfums, qui en vieillissant s’orne de ce petit goût de miel et de « pierre à fusil » si particulier qu’on le reconnaitrait entre mille.

Au sud de la Bourgogne, le Maconnais est renommé pour de magnifiques vins blancs.

Le vignoble macônnais, tout au sud de la Bourgogne du sud est un vaste et magnifique trapèze que Pithagore, délaissant le triangle, au demeurant un peu trop réctangle aurait sans doute traduit en théorème. Car en théorie ce trapèze qui a pour grande base la RN.6 sur les 40 kilomètres de Sennecey-le-Grand à Crêches-sur-Saône et qui a pour petite base la N.481 sur les 24 kms de Saint-Gengoux-le-National à Cluny, est une sortie de Jardin extraordinaire, pour reprendre le titre d’une chanson de Charles Trenet. Entre mathématique pure et poésie gentille le Mâconnais est ternaire car il produit des vins rouges, rosés et blancs.

Enfin si le système d’articulation des différentes appellations Mâcon est quelque peu complexe à mettre en équation (avec à côté des 5 crus du Mâconnais que sont Pouilly-Fuissé, Saint-Véran, Pouilly-Vinzelles Pouilly-Loché et Viré-Cléssé) des rouges et des rosés dénommés Mâcon, Mâcon Supérieur et Mâcon suivi du nom de la commune et des blancs appelés Mâcon ou Mâcon Pinot-Chardonnay, Mâcon Supérieur, Mâcon-Villages ou Mâcon suivi du nom de la commune, selon les aires délimitées, un petit verre de l’un ou l’autre après l’exercice de mémorisation remet parfaitement les esprits en place.

Mâcon rouge et rosé. Cette appellation vient du vignoble de l’arrondissement de Mâcon, et de celui de12 communes aux environs. Ce sont des vins à boire jeunes, développant des arômes de fruits rouges frais avec parfois des senteurs d’épices. Ils accompagnent à merveille les charcuteries.

Mâcon supérieur rouge et rosé. L’étiquette de cette appellation peut porter cette mention « Mâcon supérieur », ou bien le nom de Mâcon suivi du nom de la commune sur lequel il est produit. Cela concerne les mêmes villages que ceux de l’appellation Mâcon. Mais ils ne peuvent jamais s’appeler « Mâcon-Villages », cette mention étant exclusivement réservée aux vins blancs. Ce sont des vins élegants, à la robe rouge groseille, au nez fruité, souvent à dominante d’arômes exotiques.
Mâcon blanc. Il a la possibilité de s’appeler Mâcon ou Pinot-Chardonnay-Mâcon. Il est issu de l’aire de vignoble de l’arrondissement de Mâcon, et la récolte moyenne annuelle ne dépasse pas les 3.500 hls. Léger et très frais en bouche le Mâcon blanc fait un très bon vin d’apéritif. Notamment l’été,
Mâcon-Villages. Cette appellation peut se décliner sous deux formes : « Mâcon-Villages » ou celle de « Mâcon-» suivi du nom de la commune d’où il provient. Réservée exclusivement aux blancs issus du cépage chardonnay, et produite sur 43 communes spécifiques, cette appellation se décline de plus en plus avec le nom spécifique de la commune accolé à « Mâcon ». Surtout dans le triangle d’or Viré-Lugny-Chardonnay. Pour porter la mention de la commune, il faut impérativement que les raisins en proviennent.

Bien que souvent rattaché à la Bourgogne, le Beaujolais posséde sa propre personnalité. Situé sur la partie Est des monts du Beaujolais, c’est grace à ses vins rouges gouleyants et festifs, issu de cépage Gamay, que cette région doit sa réputation.Une grande partie de sa production est commercialisé en primeur. L’engouement internationnal pour le Beaujolais nouveau ne saurait éclipser le haut de la hiériarchie beaujolaise avec ses 10 crus de grande lignée.

La production des 1,3 millions d’hectolitres de vins de la région beaujolaise se répartit sur 3 niveaux d’appellations. La moitié est en appellation Beaujolais. Un quart est en Beaujolais-Villages et le dernier quart est réparti de manière inégale en volumes sur les 10 crus. Mais ces trois bouchons verticaux se diluent un peu face aux consommateurs, car les deux premiers, Beaujolais et Beaujolais-Villages en vinification primeur c’est à dire de courte durée, donnent ce qu’on a coutume d’appeler le Beaujolais-Nouveau, celui qui vient d’arriver. Mais les vinifications plus longues, sur les 3 niveaux donnent des vins qui peuvent se garder. Pour 1998, le Beaujolais tient un nouveau grand et beau millésime, en tous points comparable pour de nombreuses zones de production à ce qu’avait été1991.

Beaujolais s’écrit avec un « S  »
parce qu’il y en a 12.

Non, le Beaujolais ne se résume pas seulement au Beaujolais Nouveau. Même si celui-ci est le plus célèbre ambassadeur du pays Beaujolais, ce n’est pas une raison pour oublier les autres appellations. Car si Beaujolais s’écrit avec un S, c’est justement parce qu’il y en a 12.

L’appellation Beaujolais

Elle est issue des vignobles du sud de la région, le superbe pays des Pierres Dorées. Longtemps vin des jeux de boules des Lyonnais il est devenu avec l’avènement du « Beaujolais-Nouveau » qui a pris de l’ampleur, vin de comptoir. 58 communes sur 5 cantons produisent du Beaujolais frais et fruités. Prix moyen de la bouteille de 20 à 30 frs.
L’appellation Beaujolais-villages

37 communes du Rhône et de Saône-et-Loire produisent les 350.000 hls annuels de « Beaujolais-Villages ». Souvent la moitié de cette appellation part en primeur à l’occasion du Beaujolais-Nouveau. Les étiquettes des bouteilles portent alors la mention « Beaujolais-Villages nouveau », ou « Beaujolais-Villages primeur » C’est que la région de Saint-Etienne des Oullières au coeur des Beaujolais-Villages est considérée comme le « berceau » du primeur. Il y a plus de 50 ans, les cafetiers de Lyon venaient s’y approvisionner en vin nouveau. Mais les Beaujolais-Villages vinifiés plus longuement donnent de vins plus charpentés, plus structurés et plus tanniques. Entre les deux les consommateurs pourront trouver cuvée à leur palais, alternant arôme et finesse, charpente et délicatesse.
En Saône-et-Loire, 8 communes du canton de la Chapelle de Guinchay ont droit à l’appellation Beaujolais-Village dont elle produisent chaque année environ 40.000 hectolitres.
Les Crus du Beaujolais:

Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte-de-Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin à Vent, Régnié, Saint Amour : Les 10 crus du Beaujolais sont les fleurons de la production beaujolaise. Et c’est avec bonheur qu’ils gagnent quelques années de bouteille. D’ailleurs, les connaisseurs attendent le printemps qui suit les vendanges avant de les déguster. Ils attendent que « les Crus du Beaujolais aient fait leurs Pâques » comme disent les vignerons. Traduisez : les Crus sont arrivés à maturité et on peut enfin les apprécier à leur juste valeur.
Beaujolais blanc

Plutôt localisé dans le canton de La Chapelle-de-Guinchay, au pied des grands blancs du Mâconnais, où il se révèle superbe d’arômes frais, le Beaujolais blanc trouve aussi des terrains de prédiléction sur les terres à « primeurs » du côté de Blaceret, au coeur des Beaujolais-Villages, ou encore dans les vignes des coteaux de l’extrème sud de la zone de production, autour de Bully.
Beaujolais nouveau:

Une fantastique réussite Passé de 1,2 millions de bouteilles dans les années 60 à 60 millions aujourd’hui, le Beaujolais nouveau est un phénomène de société.« Le beaujolais nouveau est arrivé » depuis plus de 35 ans c’est le slogan qui marque le déblocage du « primeur » du Beaujolais. Passé de 1,2 millions de bouteilles vendues lors des premières campagnes à plus de 60 millions lors des dernières, devenu aussi un véritable poids économique, puisqu’il représente la moitié de la récolte totale du Beaujolais et les 2/3 de ce qui peut être appelé « nouveau » (les crus n’y ont pas droit) c’est aussi un phénomène de société. C’est le seul produit qui se boit, chaque année partout dans le monde, le même jour à la même heure, pourtant ce n’est pas un produit nouveau. Il y avait très longtemps que pour assurer la soif des canuts lyonnais, les bistrots de la capitale des Gaules venaient se fournir en vins frais et fruités, juste après les vendanges, dans le secteur précoce de Saint-Etienne des Oullières. Plusieurs facteurs ont contribué depuis 1960 au succès du primeur, qui est un vin à vinification courte.

mar, octobre 28 2008 » > La Bourgogne, Vins